2. « On dénigre pas mes cheveux ! »

J’aurais bien voulu écrire, en écho au nom du site, que tout a commencé un soir tard et que j’étais en chemise de nuit mais pas du tout !! Quand j’ai commencé à écrire Crépuscul’HAIR, c’était un samedi après – midi d’automne (le premier jour des vacances scolaires de la Toussaint 2021). Mes enfants étaient partis avec leur papa, j’avais la maison pour moi toute seule et le silence – un de mes compagnons préféré (quand j’écris ou prie). Le silence devient à la fois condition, source, inspiration et il le fait… sans faire de bruit, lui....

En revanche, j’avais une trame bruyante (j’ai pas dit brillante, hein !) dans la tête, plutôt bien définie ! Ben oui, un an que le projet y zigzaguait. Mais… je trouvais ma plume trop novice encore pour m’engager. Je n’étais plus en colère ! Mais coucher des poèmes sur des cahiers et des bouts de feuilles de papier (depuis que j’ai 6 ans) et animer des ateliers d’écriture, cela n’a rien à voir avec commencer à écrire un livre. Donc dès le début, comme beaucoup, j’ai dû composer avec syndrome de l’imposteur aux manifestations chroniques presque viscérales (nous y reviendrons plus tard, sans aucun doute) !

Comme pour écrire un poème (quand ils ne naissent pas de l’originalité ou la douceur d’une sonorité), souvent dans un premier temps, seules s’animent les images de la scène imaginée. Parfois, on habille les personnages (dans des tenues qu’on ne porterait pas soi- même ou que l’on rêve de porter au contraire !). Et seulement après, dans un second temps, on les fait parler ! On se métamorphose en metteure en scène, scénariste, costumière, technicienne/ ingénieure du son et tout et tout, comme ça, paf ! Tout en restant juste assise derrière son ordinateur ! Ma bande de copines gracieusement esquissée sous la main de Nicholle Kobi (je raconterai cette belle rencontre dans un autre billet) était donc là, à attendre que je lui donne vie !

Commencer à écrire, ça peut vous plonger dans une sorte d’épisode de schizophrénie contrôlée ! Pas de panique, ne froncez pas les sourcils ! Je développe : parce que la voix de l’auteur – donc la mienne, ma pensée- reste maître, mais doit rester en voix- off !  Elle ne peut pas se mêler à l’élaboration de sa propre intrigue - dans mon propre imaginaire ! Mais, elle dirige malgré tout en tant que fruit de mes pensées (invasives). Elle plane au-dessus des dialogues des autres personnages imaginaires et revient donner son avis en utilisant ma voix intérieure… c’est assez extraordinaire ! D’ailleurs, ce rôle multitâche alors que je n’ai pas de rêve cinématographique me laisse imaginer la difficulté que cela représente d’être un directeur artistique ! En dirigeant ma propre production mentalement, vous n’imaginez pas le nombre de « coupez » que j’ai hurlé intérieurement ! Et parfois la scène se joue toute seule... et il faut être attentif à son propre cinéma pour ne rien rater de la scène et la retranscrire avant que tout ne s’efface !

Dans son point sur « Comment écrivez -vous ? », les éléments décrits par Dany ont subitement pris tout leur sens ! Dany - oui, j’en ai fait un pote et m’autorise une tendre familiarité que j’espère vous n’irez point cafter, lol ! Il nous dévoile comment il entre dans l’élaboration d’une histoire : grâce aux autres livres et ses lectures diverses. Bon, ce n’est pas un grand secret n’est- ce pas ! En tout cas, je sais que je le répète souvent à mes petits patients et surtout à leurs parents ! Selon lui, c’est ainsi que la plume s’aiguise. L’image me fait un peu sourire car la plume prend des allures de couteau… métaphorique finalement, étant donné les messages d’amour et de haine que l’on peut délivrer avec les mots tranchants !

En tant qu’auteur, il avoue se trouver meilleur…  à la deuxième version. En général, moi aussi ! Mais, une fois j’ai le souvenir d’avoir dû réécrire une scène perdue faute d’enregistrement efficace et je n’ai pas su lui redonner la légèreté et le comique qui se dégageait la première fois. Et cela fut validée par ma fille, en plus !  Dany ajoute aussi : « Un bon livre ne se laisse pas dorer, il s’infiltre à l’intérieur du lecteur pour le brûler à petit feu. » … charmant !

Donc l’écrivain navigue sans cesse entre sa production en tant qu’auteur et ce qu’il imagine que pourrait ressentir le lecteur… et c’est tout cela qu’il faut pouvoir retranscrire sur le papier !!

Quand j’écris, je me lance une idée, je jette une phrase sur le papier et se greffent les pensées et les dialogues des personnages arrivent parfois en douce pluie ou en rafale. Je suis guidée par le décor mais essaye de repenser aux multiples conseils que j’ai pu lire sur internet. Je ne dois pas seulement aligner simplement des mots, mais transmettre des émotions et des sentiments. Mon penchant pour la poésie essaye souvent de reprendre le dessus ! C’est drôle, il m’arrive parfois d’essayer de me contrôler pour ne pas finir en rimes, en alexandrins – je n’écris pas du théâtre mais pense souvent aux œuvres de Molière que je rechignais à un peu à étudier dans mon adolescence avant d’en apprécier quelques-unes malgré tout.

La nuit commence pleine de mots pour et d’idées nouvelles, pleine de retours à la ligne de paragraphes laissés provisoirement en suspens et multiples ratures… Je suis détendue dans l’acte d’écrire et coucher mon témoignage sur écran, en chemise de nuit… c’est ça la nuit de l’écriture !

Voilà comment en esprit, sans bouger de son lit, on invente des vies, un décor qu’on range dans des fichiers Word du bout des doigts…

AfroZement vôtre !

MZCléo

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1. Se promettre d’écrire un roman !