1. Se promettre d’écrire un roman !

J’admire donc je parodie !

J’ai toujours été une (grande) lectrice mais à intensité variable. Ce merveilleux loisir qu’est la lecture, c’est un peu comme le jogging, en fait ! On rechigne au début… et puis on ouvre un livre comme on chausse ses baskets. Puis, on commence à lire comme on commence à trotter… et puis, on plonge dans l’histoire comme on commence à parcourir des kilomètres… et, on finit par aimer ça… grave ! Je vous renvoie vers l’excellent Haruki Murakami avec son « Autoportrait d’un auteur en coureur de fond », pour ne démonstration talentueuse et éloquente du mariage de ces deux disciplines. Cela vous donnera envie d’écrire et courir, j’en suis sûre !

Bref, il faut bien avouer que les fluctuations de ces intensités pour la lecture ont toujours été en rapport direct avec les saisons de ma vie de femme - et/ou ma santé (la maladie peut toutefois se révéler être un moment béni entre deux snifs pour finir un chapitre ou deux, les mots contre les maux !). Mon souvenir de célibataire favori : je lisais bien 3-4 livres en moins d’un mois (sans influ Insta ni Tik-tok book pour m’y pousser en plus !).

Plus tard, maternellement préposée aux couches et au biberons, cette quantité s’étalait sur un semestre… et encore ! Mais, hors de questions avec mon métier d’orthophoniste de ne pas faire la lecture à mes enfants… donc mes lectures ont eu un bon moment deux ans d’âge mental et ma PAL était constituée de « J’aime Lire », et des livres d’enfants de la bibliothèque municipale ! Qu’importe ! même en changeant la nature et la fréquence de mes lectures, oui j’ai toujours lu !

Comme mon héroïne Kayla- Rose (sur elle aussi, je vous en dirai plus), j’aime les histoires romantiques mais aussi les drôles, les vraies ! J’ai des coups de cœur périodiques tantôt par auteur, par genre ou guidé par le nombre de pages !! Mes recherches, pour Crépuscul’hair, m’avaient amenée à me constituer une bibliographie particulièrement intéressante d’auteurs Noirs, dégotée sur internet.

L’ouvrage de Dany Laferrière en faisait tout simplement partie ! Je l’ai feuilleté et ai apprécié autant la brièveté que la diversité des thèmes proposés. Un journal -sans date d’ailleurs, intemporel ? - mais qui retrace des questionnements qui hantent les méandres de la pensée de l’écrivain avec une didactique simple, de l’humour. Entre deux chapitres rédigés de Crépuscul’HAIR, « Journal d’un écrivain en pyjama » fut mon plongeon dans la piscine des mots offerts dans le style fluide d’un auteur de talent ! Une vraie détente qui me demandait juste d’apprécier ce que je lisais sur l’instant. Sans devoir faire l’effort de me rappeler une floppée de personnages ou gérer mon stress de lectrice trop imprégnée par la création de la sienne par le suivi d’une intrigue typique d’un roman classique. Une vraie détente, je vous dis ! Je pouvais décider lors de ma pause-café ou pas, de lire un seul point parmi les 182 développés par l’auteur… ou plusieurs, de sauter des pages ou relire un extrait (surtout ceux des conseils pratiques d’écriture… que j’ai essayé de suivre quand je partageais son point de vue- lol. Je suis restée une lectrice plutôt linéaire, cependant !

L’indéniable, c’est que ce fut un coup de foudre littéraire - pas exclusif car j’en aime tant d’autres… Mais ce réconfort, cette échappée que m’offrait ces pages et sans nulle autre pareil… cela me faisait rire, tout en m’enseignant les rudiments qu’aucune formation ne m’avait encore prodigué. J’aimais le naturel qui me faisait soupçonner la difficulté technique sous- jacente à l’art de partager son savoir ainsi, avec aisance, comme si c’était un exercice facile. Donc, non !! Je n’ai pas juste parodié un titre ! Parodier requiert et s’opère mieux -c’est mon avis personnel- si on a une admiration pour l’objet de la parodie (pas forcément pour le sujet ni pour l’auteur, du reste). Je ne saurais parodier aussi aisément quelque chose qui ne me touche point ni ne suscite mes éloges et mes appréciations positives. Double grâce pour Dany Laferrière, je n’ai rien contre lui – lol ! Il n’aura sûrement jamais vent de ce blog salvateur pour mes modestes ambitions littéraires, à savoir faire vivre Crépuscul’HAIR d’une façon plus originale que la promotion classique aussi plaisante qu’énergivore – et ça, je ne le l’avais pas imaginé avant de publier ! Je rends donc par la même occasion un sincère hommage à son travail et à son ouvrage en en usurpant un peu la forme bien connue qu’est le journal. Vous l’aurez compris… ici, je parlerai de moi (un peu) et de plusieurs autres thèmes disséminés ça et là dans la trilogie.

Seule dans mon coin, la nuit à partir de 21h30-22h, j’ai continué à écrire cette ébauche née un samedi après -midi d’octobre. Comme le dit Dany souvent, « j’ai joué des lettres » moi aussi. Mais … je le cite encore :

Peut – on se mettre tout d’un coup à écrire un livre sans fréquenter un groupe littéraire, ni même un club de lecture ?… Mais écrire est différent de lire. L’écrivain et le lecteur se trouvant aux extrémités de la chaine ».

Voilà comment « Journal d’un écrivain en pyjama » devint ma petite didactique littéraire… et fut littéralement accueillie de façon aussi impromptue que bienvenue ! Et oui, je me trouvais à l’autre bout de la chaîne. J’écrivais quelque chose pour mon fils, comme je le lui avais solennellement promis !

Ces chroniques racontent mon aventure oh combien “LITthéière” !

AfroZement vôtre !

MZCléo

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La fiction au service de la mémoire et des identités noires !