Mon discours poétique du 23 mai 2026 en mémoire des victimes de l’esclavage…
Devant la stèle d’Aulnay Sous Bois.
Nous sommes le matin du 23 mai, le soleil accueille chaleureusement ce samedi particulier de commémoration. je suis invitée par la députée Nadège Abomangoli, vice-présidente de l’Assemblée Nationale à prononcer un disours en mémoire aux victimes de l’esclavage.
Entourée de représentants politiques de la ville d‘Aulnay Sous Bois comme Mimouna Dziri, du poète et écrivain Alain Alfred Moupatam et des associations Mimdadle et Pangea, des gerbes ont été déposées à l’issue de nos interventions respectives.
HOMMAGE AUX SOLDATS DE LEUR PROPRE VIE CONNUS ET MECONNUS
À ces corps de douleur dissonants
Pendant près de 400 ans
À ces corps de peurs résonnants
Offrons ces quelques instants.
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Car sous le décor de l’injustice
Fort d’une mise en scène destructrice
Presqu’anoblie malgré les préjudices
Les corps d’Afrique devinrent sacrifices.
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Ces corps ont servi encore et encore
Des intérêts étrangers jusqu’à leur mort
On les évoque telle une masse collective
C’est une grâce d’honorer leur mémoire vive
Car ils n’avaient qu’eux – mêmes… et pour leur défense
Le fameux Code Noir, cadeau de notre chère France
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Ces corps de millions d’individus à l’individualité bafouée,
Ont versé le plus lourd des tributs : celui de leur identité.
C’est pour eux que l’on créa la police, chargée de les réprimer.
Oui, pour ces corps juste réduits à la fonction qu’on leur avait attribuée :
Domestiques, coupeurs de canne, nourrice ou cuisinier
La narration de tous ces rôles n’est que souffrance imméritée.
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Tous leurs supplices racontent le plus tragique des récits :
Celui qui vole à l’homme sa condition même d’homme,
Comme s’il n’avait jamais eu aucune âme, en somme.
N’étaient-ils pas que « biens meubles », ce texte infâme le dit…
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Mais … de se résigner, il n’était point question !
Pour ces corps de toute tribu, capturés, vendus, déchus,
Pour ces corps dissolus, en toute impunité, mis à nu…
De se résigner, il n’était point question !
Pour ces corps déshonorés, déflorés, la mort en lutte,
Pour ces corps mutilés, décimés, tous azimuts
De se résigner… il ne sera jamais question
Pour ces corps d’enfants exploités, ces femmes malmenées,
Ces corps d’hommes lacérés, châtiés de reconquérir leur liberté
Il ne fut plus que question de survie sans aucune résignation
Et ce corps s’est fait rébellion, haut en couleur : corps de marron
Corps habité de l’esprit guerrier, a orchestré sa propre rédemption
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Nous ne sommes pas « tous nés en 1848 », mais en portons l’héritage !
De ces corps empreints de rage de vivre bien que mis en esclavage
Corps mélanine - même aujourd’hui -ne courbe pas l’échine.
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Enfin libéré, « officiellement » à égalité, s’il est encore stigmatisé
Il s’évertuer à toujours à se réapproprier, son honneur, sa beauté !
Il s’habille de beaux atouts brodés d’optimisme bien mérité
Il a quitté ses oripeaux, redévoilé sa peau brûlée du désir d’avancer,
Pour sourire à nouveau, s’ouvrir à quelque chose de plus beau… BRILLER !
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Le chemin fut parsemé d’embûche, on se relève plus fort quand on trébuche !!
Ensemble - aujourd’hui- comme un seul corps, en écho avec ceux de nos ancêtres,
Scrutons notre passé pour être les fiers artisans de notre présent !
Les jolis corps ont une tendance : déambuler sur le podium de la vie, plein de résilience…
Non pas avec nonchalance… mais avec le souvenir de ces corps chers à notre mémoire !
Car nous les portons tous un peu au cœur de nos corps, c’est cela notre histoire !
Commémorer aujourd’hui, c’est nous en montrer digne, la présence de tout un chacun ici, en est d’ailleurs… le meilleur signe !
AfroZement Vôtre !